OGC Nice : Les violences qui divisent le club niçois entre supporters et joueurs

La situation à Nice a atteint un point critique dimanche soir au centre d’entraînement. Quatre cents supporters attendaient le retour de l’équipe depuis la Lorraine, mais certains ont franchi les limites de l’acceptable en recourant à la violence. Les joueurs Jérémie Boga et Térem Moffi, ainsi que le directeur sportif Florian Maurice, ont été frappés lors d’un incident qui a choqué le club.
L’équipe niçoise revenait d’une nouvelle débâcle à Lorient, sa sixième défaite consécutive (1-3). Les ultras attendaient à l’entrée du centre, où environ quatre cents fans remontés s’étaient rassemblés. Leur message était explicite : les joueurs devaient montrer plus de respect envers les couleurs du club pendant cette période de crise sportive. Le Gym est passé de la lutte pour la Ligue des champions à la dixième place, voire à une lutte inattendue pour le maintien en Ligue 1.
Le responsable du groupe avait préalablement averti les joueurs par message WhatsApp de ne pas réagir aux provocations pour ne pas aggraver la situation. Vers vingt-trois heures, l’autocar s’est arrêté boulevard Jean-Luciano. Entre le véhicule et le portail, les ultras se sont agglutinés dans une épaisse fumée rouge créée par des fumigènes, hurlant des insultes et des chants hostiles exigeant un changement de mentalité.
À l’ouverture des portes, un leader ultra est monté à bord, secoué par les bras des supporters agacés. Les insultes ont fusé de toutes parts, provoquant une première tension majeure. Certains joueurs ont refusé de quitter leurs sièges, intimidés par l’atmosphère. Une figure dominante des ultras a alors assuré qu’aucun mal ne leur serait fait, qu’ils souhaitaient simplement discuter.
Franck Haise a reçu des acclamations à sa descente de l’autocar. Des supporters lui ont répété qu’ils le soutiendraient. L’entraîneur a passé du temps à écouter les doléances des ultras. Parallèlement, Melvin Bard et Sofiane Diop ont engagé le dialogue avec certains supporters sur le parking, reconnaissant l’équipe était « pourrie » mais assurant donner le maximum. Des groupes de discussion se sont formés sous la surveillance de quelques stadiers et agents de sécurité, débordés par la situation.
La tension a rapidement dégénéré quand le reste de l’effectif a commencé à traverser le parking. Plusieurs joueurs ont été bousculés, attrapés par le col et crachés dessus. Jérémie Boga et Térem Moffi ont particulièrement subi la fureur des supporters. Boga était accusé de manquer d’investissement et d’avoir offert des places à des fans marseillais. Moffi avait été filmé riant avec l’ancien président Loïc Féry. Un témoin a décrit : on lui a arraché son bonnet, tiré les cheveux et il a reçu une dizaine de coups, certains aux parties intimes.
Florian Maurice a également essuyé le courroux des fans, particulièrement critiqué pour son recrutement estival. Le directeur sportif a reçu des coups de la part des ultras et n’a pas souhaité s’exprimer après cet épisode. Yéhvann Diouf est intervenu pour aider Boga et Moffi à se dégager de l’emprise des supporters hostiles.
Après plusieurs minutes, toute la délégation s’est finalement retrouvée en sécurité à l’intérieur du centre. Plusieurs joueurs étaient traumatisés et choqués par ce qu’ils venaient de subir. Certains se demandaient comment une telle situation avait pu survenir sans protection adéquate. Des cadres ont apostrophé Florian Maurice, furieux contre la direction et le président Bocquet. Ils reprochaient à la gestion du club de n’avoir pris aucune mesure préventive et jugeaient les stadiers trop laxistes.
Au bout d’une heure, les supporters se sont dispersés. Le groupe ressenti une profonde blessure après ce qui s’était déroulé. Certains joueurs ont regretté lundi matin qu’on ne les ait pas contactés pour prendre des nouvelles. Le club n’avait pas encore réagi officiellement, mais le président Bocquet avait prévu de rencontrer les ultras ce même lundi soir pour tenter de résoudre cette fracture.
Les Aiglons avaient deux jours pour se rétablir mentalement avant la reprise de l’entraînement mercredi. Haise avait mentionné qu’il aurait peut-être lui-même besoin de repos après cette journée éprouvante. Le contexte à l’approche de la réception d’Angers, quatre jours plus tard, s’annonçait particulièrement tendu et chargé émotionnellement.