Stade Rennais : Glen Kamara, du pari ambitieux à l’énigme du mercato, quel avenir désormais

L’arrivée de Glen Kamara au Stade Rennais à l’été 2024 avait tout d’un pari ambitieux. Le club breton débourse dix millions d’euros pour attirer ce milieu international finlandais, fort de ses 200 matchs avec les Glasgow Rangers et d’une saison remarquée à Leeds United, où il cumule 42 apparitions et 4 passes décisives.
À 29 ans, Kamara débarque en Bretagne avec la réputation d’un joueur polyvalent, capable d’apporter de la solidité au milieu et de l’expérience dans les moments clés. Frédéric Massara, alors directeur sportif, mise sur son profil combatif et sa capacité à s’adapter à différents systèmes de jeu, espérant ainsi renforcer un secteur jugé fragile.
Mais très vite, la réalité du terrain vient contredire les espoirs placés en lui. Le Stade Rennais traverse une période trouble, qualifiée de « moribonde et déséquilibrée », sous la houlette d’un Julien Stéphan en difficulté dès les premières journées. Kamara, plongé dans ce contexte instable, ne parvient pas à exprimer ses qualités habituelles : pressing, rigueur défensive et polyvalence restent lettre morte.
En six mois, le Finlandais ne dispute que treize rencontres, ne délivrant qu’une seule passe décisive. Son rendement décevant le place rapidement sur la liste des indésirables lors du mercato hivernal 2025. Il est alors prêté à Al Shabab, en Arabie Saoudite, où il retrouve du temps de jeu et un statut plus conforme à son niveau.
Son passage en Saudi Pro League, bien que positif sur le plan individuel, ne débouche pas sur un transfert définitif. De retour à Rennes à l’été, Kamara découvre un nouveau staff avec l’arrivée d’Habib Beye. Le technicien tranche rapidement : le Finlandais ne fait pas partie de ses plans, rejoignant ainsi le groupe des joueurs « estampillés Frédéric Massara » et mis à l’écart du projet.
Malgré quelques présences sur le banc en septembre, notamment contre l’OL et Nantes, Kamara ne foule plus la pelouse sous le maillot rennais. La direction sportive, en concertation avec Habib Beye et Loïc Désiré, acte la nécessité d’une séparation lors du prochain mercato. Le contraste est saisissant avec l’enthousiasme suscité par son arrivée un an plus tôt.
Pourtant, la cote de Kamara n’est pas totalement éteinte sur le marché européen. L’OGC Nice, en quête d’un joker, s’est renseigné, sans concrétiser l’opération. Deux clubs anglais, Ipswich Town et Leicester City, se montrent plus insistants. Rennes espère récupérer environ trois millions d’euros, et n’exclut pas un prêt avec option d’achat, conscient que le joueur est encore sous contrat jusqu’en juin 2028.
Professionnel jusqu’au bout, Kamara continue de s’entraîner en espérant retrouver du temps de jeu avant la fin de l’année. Sa dernière apparition remonte à septembre, lors d’un match de qualification pour la Coupe du Monde entre la Pologne et la Finlande. Le dossier reste ouvert, dans l’attente d’un rebond qui relancerait une carrière stoppée net par les aléas du football moderne.