Le 11 à suivre de l'Euro 2024

Le 11 à suivre de l’Euro 2024

L’Euro commence aujourd’hui et il est temps de faire un onze des joueurs à suivre lors de cette compétition. Les joueurs viennent de différents horizons, qu’ils soient confirmés ou non, de petites sélections ou de plus grandes. Enfin, pour comprendre le choix des joueurs, il est important de savoir que le dispositif choisi est le 4-2-3-1.

Gardien : G. Mamardashvili (Géorgie) : Pour les fans de la Liga, on ne le présente plus. Le gardien, arrivé à Valence en 2021, n’a cessé d’élever son niveau de jeu et a réussi à faire partie des gardiens les plus prometteurs. En effet, à seulement 23 ans, il fait preuve d’une grande précocité à un poste où l’explosion arrive généralement plus tardivement. Du haut de ses 1,97 m, il dégoûte tous les attaquants, que ce soit par sa détente, sa réactivité sur sa ligne, notamment sur les pénaltys, ou ses sorties sur corner où il n’hésite pas à aller loin de sa cage pour récupérer les ballons. De plus, il fait partie des gardiens qui ont un très bon jeu au pied et n’hésite pas à jouer long. Cette saison, il a été l’un des artisans de la 9ème place en championnat de Valence avec notamment 13 clean sheets. En sélection, le natif de Tiflis a montré de bonnes choses lors des phases qualificatives de l’Euro et a en partie su amener son équipe à une qualification après leur victoire en barrage contre le Luxembourg et la Grèce. Cet Euro sera un moyen pour le gardien de s’illustrer aux yeux de l’Europe dans un groupe F assez homogène où la Géorgie pourrait créer la surprise.

Arrière gauche : Ferdi Kadioglu (Turquie) : Le latéral gauche, passé au départ par le NEC Nimègue, a posé ses valises en 2018 à Fenerbahçe et depuis son arrivée, il éclabousse la Super League de son talent. Il fait partie des latéraux qui jouent très haut sur le terrain et n’hésite pas à monter quand il le faut. On le voit notamment à travers les statistiques : cette saison, il a marqué une fois et délivré quatre passes décisives. C’est un joueur dangereux car il a un très bon jeu de passe et aime offrir des ballons dans l’espace, que ce soit avec les centres ou les passes en profondeur. Il fait partie de ces « nouveaux » latéraux qui sont aussi très doués techniquement. D’un point de vue défensif, on pourrait penser que les ailiers qui montent souvent très haut sur le terrain ne font pas les retours défensifs. Dans son cas, il ne lésine pas sur les efforts et sait redescendre très bas pour aider ses coéquipiers, intervenant de manière très rugueuse sur l’adversaire. En sélection, il fait partie de la nouvelle génération et a l’avantage de ne pas avoir de réelle concurrence à son poste. C’est donc un joueur polyvalent qui peut dépanner un peu plus haut sur le terrain. Après deux Euros (2016 et 2020) catastrophiques, la Turquie a besoin de se rassurer. Étant eux aussi dans le groupe F, ils ont leur carte à jouer. Kadioglu, quant à lui, peut confirmer sa bonne saison et attirer la convoitise de clubs plus importants, notamment en Italie où l’Inter Milan et Naples ont montré leur intérêt.

Défenseur central : F. Schär (Suisse) : Souvent oublié, mis de côté, voire même rejeté, il aura fallu attendre la fin de sa carrière pour voir toute l’étendue de son talent. Le joueur des Magpies fait partie, comme son coéquipier de sélection M. Akanji, des meilleurs défenseurs de Premier League, que ce soit par sa qualité physique, n’hésitant pas à utiliser son corps comme moyen d’opposition et à jouer de l’épaule, ou par ses sorties très hautes sur ses adversaires. Il est aussi très bon dans les duels aériens, défensifs et offensifs, avec donc un très bon jeu de tête. À cela s’ajoute un très bon jeu et une capacité à faire ressortir le ballon. Cette saison, le Suisse a eu plus de temps de jeu notamment car Newcastle a eu de nombreuses blessures. Cette confiance se traduit dans les statistiques avec 47 matchs joués, une passe décisive et cinq buts, ce qui est plus que convaincant pour un défenseur central. En sélection, il a souvent été mis de côté au profit de N. Elvedi (Borussia Mönchengladbach), mais depuis quelques mois, il est devenu titulaire. Malgré tout, sur les derniers matchs de préparation, il a eu un peu de mal à se montrer. L’Euro sera donc pour lui une bonne manière de se rassurer en sélection et de briller, enfin, dans une grande compétition continentale.

Défenseur central : Micky Van de Ven (Pays-Bas) : Le joueur hollandais d’1,93 m fera à coup sûr partie des futures attractions du monde du ballon rond cette année. Fraîchement transféré la saison dernière de Wolfsburg à Tottenham, on aurait pu imaginer une adaptation assez compliquée surtout pour son jeune âge (23 ans). Cette saison, il a continué sa progression : cela se traduit par ses 27 matchs joués et ses 3 buts. Il est un défenseur très agile, technique et rapide, ce qui est plutôt atypique vue sa grande taille. Au-delà de cela, on retrouve les caractéristiques d’un bon défenseur de Premier League, à savoir très physique et rugueux sur la balle, ce qui se traduit par un taux de récupérations de ballons assez élevé, à savoir 71%. Un de ses autres points forts est sa capacité à garder la balle ainsi que ses passes courtes. On peut malgré tout lui reprocher encore un peu son jeu de tête et surtout plus particulièrement les duels aériens ; un domaine où il manque encore de caractère. En sélection, il n’est pas encore le premier choix de Koeman qui préfère Van Dijk et Aké, qui sont un cran au-dessus de lui, mais nul doute que s’il arrive à avoir un peu de temps de jeu, il pourra montrer tout son talent et cet Euro sera peut-être pour lui le moyen de se faire une place dans l’équipe nationale.

Arrière Droit : Raoul Bellanova (Italie) : Passé par le Milan AC, Bordeaux, et l’Inter Milan, il a mis du temps à faire décoller sa carrière. Mais cette saison au Torino, il a montré de très bonnes choses, notamment d’un point de vue offensif avec un but et sept passes décisives. C’est donc un latéral moderne, très porté sur le jeu offensif et qui n’hésite pas à monter en attaque pour centrer ou dribbler. Défensivement, c’est un joueur qui aime défendre debout et ne se jette que très rarement. Cependant, son côté trop offensif ne lui permet pas de se construire un excellent jeu défensif, et il est souvent en retard. En Italie, il n’a que peu de capes (seulement 2 sélections), il y a donc très peu de chance de le voir titulaire à chaque match. Cependant, il peut jouer un rôle de joker en fin de match et apporter un peu de vitesse et de tranchant.

Milieu défensif : S. Lobotka (Slovaquie) : L’ancien du Celta Vigo fait partie de ces joueurs sou-vent oubliés de par leur position sur le terrain. Pourtant, la saison dernière, il a été l’un des artisans du titre de Naples. Cette année a été un peu plus compliquée pour lui et pour Naples, mais de manière générale, il reste un joueur exceptionnel à son poste. Comme beaucoup de joueurs des pays de l’Est, il est très robuste physiquement et se bat pour chaque ballon. Il a donc un très gros abattage au milieu de terrain et n’hésite pas à suppléer ses coéquipiers en défense. Il a aussi une très bonne vision de jeu qui lui permet souvent de créer des intervalles par les passes et de casser des lignes. Offensivement, il offre aussi quelques possibilités, notamment par ses tirs de loin qui sont toujours dangereux pour le gardien adverse. Il est donc l’un des hommes forts de cette sélection slovaque avec 55 sélections. Cet Euro doit lui permettre d’emmagasiner de la confiance après une saison plus que compliquée et de permettre enfin à la Slovaquie de retrouver une place importante en Europe, ce qui est faisable car la poule E est assez homogène.

Milieu défensif : M. Sabitzer (Autriche) : Après deux saisons plus que compliquées au Bayern Munich et à Manchester United, le milieu autrichien a enfin retrouvé de la stabilité à Dortmund. Cette saison, il a été l’un des hommes forts d’Erdin Terzic au milieu avec six buts et neuf passes décisives et fait partie des artisans du bon parcours du BVB en coupe d’Europe. C’est un joueur qui n’hésite pas à monter haut sur le terrain et à se rendre disponible. Il a aussi une excellente qualité de passe et adore combiner avec ses coéquipiers pour créer des décalages. Enfin, il impressionne par son calme et sa maîtrise du ballon, qui lui confèrent un véritable leadership auprès de ses coéquipiers. Cette année, il a été le métronome du milieu de terrain et on a vu qu’en son absence, le Borussia avait plus de mal. En sélection, il fait partie des cadres avec 78 sélections pour dix-sept buts et aura la lourde tâche de qualifier son équipe dans une poule assez relevée (poule D) et en même temps de confirmer sa bonne saison. Il sera l’une des attractions de cet Euro.

Milieu offensif : Georgiy Sudakov (Ukraine) : Il fait partie pour beaucoup des jeunes cracks à suivre de cet Euro. À seulement 21 ans, il est déjà un joueur confirmé en club, mais aussi au sein de sa sélection avec déjà plus de 17 sélections. Cette saison, il a moins joué (34 matchs joués), mais il a offert six passes décisives et trouvé le chemin des filets à dix reprises. Même si les statistiques ne font peut-être pas rêver, surtout dans un championnat mineur, on voit en lui la fougue des anciens grands numéros 10. C’est un joueur rapide et très technique qui peut facilement se créer lui-même des occasions et qui se balade partout sur le terrain. Il n’hésite pas à monter très haut et il arrive à être dangereux dans n’importe quelle situation du fait qu’il soit ambidextre. Il est aussi très robuste pour un numéro 10 et n’hésite pas à descendre sur le terrain pour récupérer des ballons ainsi qu’à faire de nombreux efforts défensifs. Il est un calvaire pour les défenseurs adverses car il aime jouer dos à eux, ce qui les oblige souvent à faire faute. En sélection, il a l’avantage d’avoir un côté bien pourvu avec les deux joueurs de Girona FC, V. Tsygankov et A. Dovbyk, ainsi que M. Mudryk, qui joue toujours mieux quand il est en sélection. Sur le papier, l’Ukraine a une très bonne équipe qui mélange à la fois jeunesse et expérience. Cela s’est prouvé en terminant troisième à égalité de points avec l’Italie. Pourtant, lors des grandes compétitions, l’Ukraine a souvent plus de mal. Cet Euro doit leur permettre d’emmagasiner de la confiance mais aussi d’être un moyen de transition vers la jeune génération.

Ailier gauche : Florinel Coman (Roumanie) : C’est un joueur qui ne parle qu’aux puristes du ballon rond, mais l’ailier gauche de 26 ans a fait une saison exceptionnelle, en jouant 38 matchs pour 19 buts et 11 passes décisives. Il a tout explosé avec son club FCSB en terminant champion. Il est un joueur explosif qui fait beaucoup de différences par son accélération et donne beaucoup de longs ballons ainsi que des passes entre les intervalles. Comme tout bon ailier gauche, il a un très bon pied droit et n’hésite pas à tirer même loin de la cage. Cependant, on peut se poser des questions quant au niveau de la ligue roumaine comparé à celui de l’Euro. Malgré tout, il sera l’un des atouts majeurs de la Roumanie dans cet Euro. Même si celle-ci aura du mal à sortir de sa poule (E), le joueur doit essayer de se montrer pour chercher une bonne porte de sortie cet été.

Avant centre : B. Varga (Hongrie) : C’est un joueur à qui il aura fallu du temps pour percer et qui s’est ouvert les portes de la sélection il y a seulement un an. Le joueur de 29 ans du Ferencváros a sorti une saison tout bonnement stratosphérique en étant décisif plus d’une fois par match cette année (40 matchs, 29 buts et 12 passes décisives). Comme tout numéro neuf, il ne fait pas partie des plus rapides, mais il compense son manque de vitesse par une très bonne vision du jeu. Il ne prend que très rarement la profondeur mais une fois devant le but, comme l’indiquent ses statistiques, il est intraitable. Il a aussi un très bon jeu de tête et il est toujours bien placé aux avant-postes. Cet Euro sera donc sa première grosse compétition internationale et nul doute qu’il aura forcément un peu de mal. Pour autant, il peut apporter de la dangerosité dans une équipe hongroise qui manque depuis quelque temps d’un réel numéro 9, mais qui a du caractère.

Ailier droit : Andreas Skov Olsen (Danemark) : On termine du côté de la Belgique, plus précisé-ment au Club Bruges, avec cet ailier droit d’1,87m. Malgré quelques blessures et des problèmes de caractère, le Danois a enfin confirmé son potentiel à 24 ans. Cette saison, il a participé à 50 matchs, marqué 26 fois et offert 8 passes décisives. C’est un joueur qui a une très bonne qualité de passe et cherche toujours à trouver ses coéquipiers. Il a aussi une très bonne qualité de frappe, notamment sur coup-franc et de manière générale sur les tirs de loin ou en première intention. Il aime toujours repiquer dans l’axe pour pouvoir enrouler ses frappes. En sélection, il est rarement titulaire et a beaucoup de mal à trouver sa place dans le dispositif à trois ou cinq défenseurs de Kasper Hjul-mand. Il aura malgré tout un rôle important pendant cet Euro et doit prouver que cette saison lui a permis de relancer sa carrière. Si ses performances sont bonnes, ce sera pour lui une consécration.

Mention honorable : Bien évidemment, ce onze n’est qu’un avis personnel et d’autres joueurs pour-raient y être classés comme D. Undav, J. McGinn, L. Trossard, W. Saliba ou encore X. Simons. Certains sont des joueurs confirmés, d’autres réussissent dans leurs clubs mais moins en sélection. Pour autant, cet Euro va être très intéressant pour tous les amoureux du ballon rond.

Lire plus