OPINION | L'OGC Nice peut-il terminer sur le podium de la Ligue 1 ?

OPINION | L’OGC Nice peut-il terminer sur le podium de la Ligue 1 ?

Après une première partie de saison réussie sur le plan comptable, l’OGC Nice s’affirme comme la surprise de ce début d’exercice 2023/2024 dans le championnat de France et passe les fêtes de fin d’année au chaud avec une deuxième place après les 17 premières journées. Le Gym ne se trouve qu’à cinq points du PSG et devance son voisin et rival monégasque en ne comptant seulement que deux petites défaites au compteur à l’issue de la phase aller. Malgré beaucoup de changements durant l’intersaison, Nice se retrouve dans un scénario identique à la saison 2021/2022 où le Gym affichait le même classement à mi parcours, avant de s’effondrer et de finalement terminer 5ème. Cette fois, les Aiglons peuvent-ils tenir le rythme jusqu’à la fin du championnat ?

Une défense imperméable faisant partie de l’élite européenne

Si l’OGC Nice a surtout marqué les esprits durant les cinq premiers mois de compétition, c’est essentiellement grâce à son arrière-garde très solide. En effet, le Gym, guidé par sa défense exceptionnelle, pointe à la deuxième place du classement en raison d’une animation défensive extrêmement performante qui lui a permis de ne concéder que 9 petits buts en 17 journées, ce qui en fait d’assez loin l’équipe ayant encaissé le moins de buts depuis le coup d’envoi de la saison. Grâce à sa charnière Dante – Todibo qui démarre sa troisième année de collaboration, et avec un gardien Marcin Bulka qui s’affirme comme l’un des derniers remparts les plus fiables du championnat, le Gym peut dormir sur ses deux oreilles et fait partie des toutes meilleures défenses des cinq grands championnats européens. D’ailleurs, entre le 15 septembre (succès 2-3 au Parc des Princes) et le 2 décembre (défaite 1-0 à Nantes), l’OGC Nice, désormais entraîné par Francesco Farioli, âgé de 34 ans et deuxième coach le plus jeune à entraîner en L1 cette saison, a enchaîné huit matchs consécutifs sans encaisser le moindre but dans l’élite. Une statistique rare et époustouflante qui a nettement contribué à ce que le Gym reste invaincu dans l’élite jusqu’à début décembre, faisant ainsi rester le club de la Côte d’Azur dans le haut du classement tout au long de cette première partie de saison.

La rencontre ayant été le symbole de ce début d’exercice du côté niçois est celle contre le RC Strasbourg début septembre, lorsque le Gym, qui n’avait jusque-là pas encore gagné le moindre match, s’imposait contre une équipe qui ne lui réussit guère depuis sa remontée en 2017. Pour percer le verrou alsacien, la formation azuréenne, qui dominait sans concrétiser, a pu compter sur l’intelligence de jeu de ses deux centraux pour débloquer la rencontre. Ainsi, Dante a trouvé Youcef Atal sur une transversale bien sentie, et ce dernier a ouvert le score, tandis que Jean-Clair Todibo a également été l’auteur d’une passe décisive avec une longue transmission qui a cassé d’un seul coup les deux lignes du terrain et qui a ensuite permis à Terem Moffi de devancer la sortie de Matz Sels pour doubler la mise et mettre son équipe à l’abri. De plus, Nice peut compter sur la montée en puissance de Melvin Bard, qui pour sa troisième saison au Gym a réellement franchi un cap, se montrant solide dans les duels et contribuant en grande partie à ce que Nice garde ses résultats, qui ont la plupart du temps été acquis sur des petits scores. Quant à Youssouf Ndayishimiye, son rôle hybride (numéro 6 lorsque Nice a le ballon, troisième défenseur central quand il ne l’a pas) permet aux Aiglons de garder une assise défensive très consistante sur laquelle bon nombre d’adversaires se sont cassés les dents.

Une attaque trop inefficace et à améliorer

Néanmoins, si le Gym peut compter depuis plusieurs mois sur une grosse défense, on ne peut pas dire que l’attaque suive. En effet, depuis le coup d’envoi de la saison le 11 août dernier, les mêmes maux persistent semaine après semaine et aucune amélioration notable n’est à signaler concernant l’attaque. En effet, l’OGC Nice n’a inscrit que 19 buts en 17 journées, soit seulement un de plus que l’attaquant parisien Kylian Mbappé qui comptabilise 18 réalisations à lui tout seul. Une statistique qui démontre une inefficacité flagrante de la part des joueurs offensifs azuréens, qui se procurent des occasions nettes à tous les matchs mais qui ne parviennent pas à planter suffisamment. A Nantes, lieu de la première défaite de Nice cette saison, Alban Lafont a réalisé un total de 6 arrêts décisifs. Un match qui illustre finalement assez bien le début de championnat du groupe de Farioli, qui parvient à apporter du danger dans la surface adverse mais qui ne marque que trop peu pour se faciliter les matchs. A seulement une reprise, Nice a inscrit plus de deux buts, et ce fut paradoxalement contre le PSG au Parc des Princes à la mi-septembre, à l’occasion de l’unique revers parisien pour le moment en Ligue 1 cette saison.

Le meilleur buteur de l’OGC Nice, Terem Moffi, ne compte que 6 buts et bien qu’il figure dans le top 5 des meilleurs buteurs du championnat, le Nigérian avait connu une grosse disette de plus de deux mois sans marquer entre le match de Paris en septembre et la réception de Toulouse fin novembre. Derrière, celui-ci a enchaîné avec un doublé lors du match contre le RC Lens, son deuxième après le match au Parc, mais doit également apporter un peu plus dans la surface. Quant à Gaëtan Laborde, qui a lui inscrit trois buts, il a connu une disette encore plus longue entre Paris et son but suivant en date, lors de la réception du Stade de Reims à la mi-décembre. Ainsi, si le Gym veut se faciliter les matchs, il faudra marquer plus en seconde partie de saison, tout en conservant son ADN principal à savoir ne pas encaisser de but, ou en tout cas le moins possible. Avec 11 clean-sheets, le Gym est rodé derrière mais va devoir hausser le curseur devant pour tenter de rester dans le top 3 jusqu’à la fin de la saison.

Garder le rythme à l’Allianz Riviera

Si l’OGC Nice est deuxième du championnat, c’est également grâce à une première partie de saison réussie à domicile. En effet, le Gym est toujours invaincu sur ses terres et est la seule équipe dans ce cas avec l’Olympique de Marseille. Mieux, le Gym n’a encaissé que deux petits buts à l’Allianz Riviera pour le moment, contre le LOSC à l’occasion du tout premier match de la saison et contre le Stade de Reims à la mi-décembre. Deux buts encaissés de la tête par Diakité et Abdelhamid mais qui montrent que Nice est souverain à domicile. Avec six succès en neuf rencontres, le Gym capitalise et affiche surtout son caractère. En effet, à chaque fois que les Aiglons ont connu la défaite, la rencontre suivante s’est soldée par un succès à domicile. Après Nantes, Nice a dominé Reims au finish (2-1) et suite au lourd revers sur la pelouse du Havre, le Gym a fait plier Lens (2-0) qui était invaincu en Ligue 1 depuis 11 rencontres. Si Nice veut avoir une chance de continuer sur le même rythme, il est donc indispensable de gagner le plus de matchs possibles à domicile jusqu’à mai. La dernière défaite azuréenne dans son enceinte remonte au mois d’avril et une défaite contre Clermont (1-2) qui était survenue trois jours après l’élimination contre Bâle en Conférence League.

De plus, Nice a déjà disputé la quasi-totalité de ses “chocs” à domicile lors de la première partie de saison. Ainsi, l’OM (1-0), le Stade Rennais (2-0), le RC Lens (2-0) sont tombés à l’Allianz Riviera tandis que le LOSC (1-1) ou encore l’OL (0-0) sont déjà venus à Nice depuis le coup d’envoi de la saison. En d’autres termes, seuls le PSG et Monaco doivent encore se rendre dans le nouveau stade azuréen, tandis que l’équipe niçoise n’aura sinon que des équipes abordables sur le papier à recevoir d’ici mai avec notamment Clermont, Metz, Le Havre, Nantes, Lorient ou encore Montpellier au programme. A l’inverse, le menu sera logiquement plus corsé à l’extérieur avec des déplacements à Bollaert, au Vélodrome, au Roazhon Park, au Groupama Stadium ou encore à la Décathlon Arena de Lille d’ici la fin de la saison à négocier. Cependant, si Nice continue d’afficher sa supériorité dans son antre (l’OGCN compte le deuxième meilleur bilan de France à domicile pour le moment), le groupe de Francesco Farioli n’aurait alors besoin que de quelques points loin de l’Allianz Riviera pour rester dans le haut du classement.

Un mercato hivernal décisif en janvier

Depuis sept ans, c’est la troisième fois que Nice termine une phase aller sur le podium du championnat. En 2016/2017, les Aiglons avaient d’ailleurs terminé champions d’automne avant de finir à la 3ème place, en raison notamment d’un mercato hivernal qui n’a pas su compenser les départs à la CAN. Ainsi, Bassem Srarfi et Mounir Obbadi étaient arrivés. Il y a deux saisons, en 2021/2022, le Gym, qui était 2ème à mi-saison et qui était alors entraîné par Christophe Galtier, n’a signé que Billal Brahimi et Jordan Amavi, aujourd’hui tous deux en prêt à Brest. Nice était alors passé à côté de sa deuxième partie de saison, terminant à la 5ème place après avoir été sur le podium pendant les deux tiers de la saison, perdant au passage la finale de la Coupe de France contre le FC Nantes en fin d’exercice. Cette saison, le Gym doit montrer qu’il a appris de ses deux derniers échecs à pareille époque et avec un mercato piloté par Florent Ghisolfi, Nice va devoir recruter intelligemment.

D’autant qu’à l’instar de la saison 2016/2017, Nice va voir plusieurs de ses cadres partir à la CAN. Ainsi, Jérémie Boga va représenter la Côte d’Ivoire tandis que les deux joueurs algériens que sont Youcef Atal et Hicham Boudaoui vont également disputer la compétition continentale avec leur pays. Si pour le premier, cela ne semble pas être un départ préjudiciable étant donné que le joueur était suspendu sept matchs et ne devrait plus rejouer avec l’OGC Nice, celui de Boudaoui est en revanche beaucoup plus problématique. Le joueur a en effet pris part à 15 des 17 journées et est monté en puissance après un début de saison où il n’était pas titulaire. Ghisolfi doit compenser les futures absences, bien que le mois de janvier ne soit pas forcément fourni en termes de matchs de Ligue 1. Après la réception de l’AJ Auxerre en Coupe de France, les Aiglons iront défier le Stade Rennais avant de recevoir le FC Metz pour les deux premières journées de la phase retour. Quoi qu’il en soit, le mercato et les éventuels profils qui débarqueront sur la Côte d’Azur devraient donner une vraie indication sur la fin de saison du club azuréen, qui attend d’entendre la fameuse musique de la Ligue des Champions à l’Allianz Riviera pour la première fois depuis août 2017 et le barrage retour contre Naples.

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