OPINION | L'OGC Nice doit-il vraiment se débarrasser de Lucien Favre ?

Après un début de saison mitigé, l'OGC Nice, qui a malgré tout nettement redressé la barre ces derniers temps, pourrait bien débarquer prématurément Lucien Favre dans les prochains jours pendant la longue trêve de la Coupe du Monde selon les dernières rumeurs. Nous chercherons ici à comprendre si le technicien suisse est le principal responsable de la situation actuelle du club azuréen.

Favre n'était pas le premier choix d'INEOS

Nous sommes le 27 juin 2022. Suite au départ de Christophe Galtier pour le PSG, l'OGC Nice officialise le retour de Lucien Favre sur le banc, quatre ans après un premier passage réussi qui avait enchanté les supporters niçois, de 2016 à 2018. A l'époque, le Gym avait réussi une saison exceptionnelle ponctuée d'une troisième place en 2016/2017 et d'une qualification pour les barrages de la Ligue des Champions après avoir pris le meilleur sur le finaliste en titre de l'Europa League de l'époque, l'Ajax Amsterdam (1-1, 2-2). Le tout en proposant l'un des meilleurs jeu de Ligue 1. C'est donc avec des paillettes dans les yeux que le peuple "nissart" attendait avec impatience le retour de Favre. Cependant, dès les premières semaines, c'est dans un contexte tendu que l'ancien coach du Borussia Dortmund reprend l'équipe. En effet, le directeur sportif Julien Fournier s'apprête à quitter le navire, lui qui avait fait venir Galtier mais qui s'est embrouillé avec ce dernier dès le mois de janvier 2022. Les frères Ratcliffe, qui avaient racheté l'OGCN en août 2019, espéraient un autre profil mais ont fait confiance au président Rivère, qui a toujours gardé contact et de bonnes relations avec Lucien Favre depuis leur première collaboration. Lors de sa conférence de presse d'intronisation, Favre lui-même arborait un large sourire, lui qui n'a jamais caché son attachement au club et à la ville de Nice. Tout semblait donc optimal pour que la saison démarre sous les meilleurs auspices.

Un mercato niçois bouclé très tardivement

Néanmoins, pendant la période de mercato, l'OGC Nice perd très rapidement son gardien numéro 1 et pilier depuis plusieurs saisons, Walter Benitez, qui rejoint le PSV Eindhoven à l'expiration de son contrat sur la Côte d'Azur. Les dirigeants niçois ne le remplaceront que plus d'un mois plus tard avec l'arrivée de Kasper Schmeichel, deux semaines après avoir essuyé le refus de Yann Sommer, que Favre souhaitait absolument. Mais ce qui frappe les observateurs du football est la lenteur qu'a pris le recrutement azuréen. De nombreux joueurs n'ont signé au mieux qu'à une semaine de la reprise de la Ligue 1 (et à quelques jours des barrages de Conférence League), avec début août les signatures de Schmeichel donc, mais également du défenseur central italien Mattia Viti, du milieu français Alexis Beka Beka ainsi que d'Aaron Ramsey, qui est un nom certes clinquant mais qui était libre de tout contrat. Surtout, il semblerait que Lucien Favre ne souhaitait pas l'arrivée du Gallois, mais que INEOS, incarné ici par Iain Moody, n'ait pas concerté son technicien pour finaliser le dossier. Globalement, c'est une grosse divergence dans la stratégie de recrutement qui a opposé Moody et Favre durant les trois mois de mercato. Pire encore, le secteur offensif a été chamboulé sur la dernière semaine de mercato avec les arrivées de Nicolas Pépé, prêté par Arsenal, Sofiane Diop acheté au rival monégasque et Gaëtan Laborde qui a signé en provenance de Rennes.

Favre a tâtonné pour trouver son système

Résultat des courses, le manager helvète, qui a en plus perdu Amine Gouiri dans un échange avec Laborde en toute fin de mercato début septembre, a dû complètement revoir ses plans, lui qui avait réalisé une préparation intéressante avec un groupe qui a beaucoup changé depuis. Exit les Calvin Stengs, Alexis Claude-Maurice, Amine Gouiri. Bonjour les Nicolas Pépé, Sofiane Diop, Gaëtan Laborde. Favre décide de commencer la saison en 4-3-3 en Ligue 1 puis en 4-2-3-1 lors des deux rencontres face au Maccabi Tel-Aviv en barrages de la Conférence League, mais Lucien Favre change encore de dispositif à Lille, fin août, alors que Nice n'avait gagné aucun de ses quatre premiers matchs de Championnat. Changement payant puisque le Gym parvient à renverser le LOSC sur sa pelouse (1-2) mais à chaque rencontre ou presque, Lucien Favre change certains joueurs et d'animation. Alors que celui à trois défenseurs centraux semble être le meilleur système, le déclic intervient finalement fin octobre contre le Partizan Belgrade lors d'une rencontre capitale pour la suite de la saison azuréenne. Le Suisse passe en 4-4-2 avec Hicham Boudaoui ailier droit. Le Gym réalise un très bon match et s'impose 2 buts à 1 et depuis, c'est toujours dans ce schéma de jeu que l'OGC Nice évolue. Le bilan ? 3 victoires et 2 matchs nuls en 5 rencontres disputées en 4-4-2. En prime, Favre semble avoir trouvé ses leaders, puisque Schmeichel revient à un très bon niveau après des débuts délicats, Dante et Todibo semblent indéboulonnables, Lemina est le véritable patron du milieu et Pépé est très souvent décisif.

Quel avenir pour Lucien Favre à Nice ?

Agacé vendredi soir après le match nul à Lyon (1-1) après une question lui demandant s'il allait rester à Nice, le Suisse sait qu'il est potentiellement sur un siège éjectable malgré tout. Après des débuts compliqués et surtout avec une communication jugée parfois trop simpliste sur l'analyse des matchs, Favre, réputé ambitieux et exigeant, a su remettre son équipe sur de bons rails alors que la plupart des recrues n'étaient pas vraiment désirées par ce dernier. Annoncé tout proche du limogeage pendant la trêve internationale de septembre, l'entraîneur de 65 ans s'est accroché et est finalement resté en poste. Mine de rien, l'OGC Nice reste sur 7 matchs sans défaite toutes compétitions confondues, son dernier revers remontant au 13 octobre dernier face à Slovacko (1-2) dans un match que les Aiglons ont pourtant largement dominé. Désormais, Nice, qui passera la trêve de la Coupe du Monde à la 9ème place (son meilleur classement de la saison), et qui a terminé en tête de sa poule de Conférence League ce qui lui permet de rejoindre directement les huitièmes de finale sans passer par les barrages, doit trancher pour l'avenir de son coach. En tout cas, maintenant que Lucien Favre a trouvé son système, ses joueurs et que la dynamique est très positive, il serait dommage que INEOS décide de se séparer du Suisse. D'autant qu'avec les arrivées de Fabrice Bocquet (nouveau directeur général) et de Florent Ghisolfi (nouveau directeur sportif), le club est à nouveau structuré et qu'après la tempête, le calme s'est installé et que tout semble désormais réuni pour que toutes les composantes du club travaillent dans de bonnes conditions.

 

 

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