Alexandre Ruiz: « Lorsque le Barça bat le Real avec une qualité de football indéniable, je suis le premier à applaudir des deux mains »

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Le Clasico approchant, il était indispensable de donner la parole à un personnage clé du paysage médiatique sportif français. La rencontre étant diffusée en exclusivité dimanche dès 19h sur BeIN SPORTS 1, qui de mieux que l’homme fort des plateaux de BeIN SPORTS, le journaliste sportif et présentateur Alexandre Ruiz, pour nous donner son sentiment sur le Clasico et sur le championnat d’Espagne en général, n’ayant jamais caché son lien très fort avec le pays de ses origines et son attirance pour la Liga.

Rencontre.

 

HdM: Alexandre, on sait que tu est plutôt Real que Barça, quelle équipe du Real t’a définitivement conquise ?

Alexandre Ruiz: Alors, je suis pas forcément plus Real que Barça, je l’étais durant mes plus jeunes années parce qu’on est toujours plus partisan quand on est plus jeune, et j’étais donc effectivement davantage supporter du Real des années Butragueño, Michel, Zamorano, puis Fernando Hierro, etc… ces années là. Ensuite, j’aime le foot espagnol et son coté « spectacle » donc aujourd’hui lorsque le Barça bat le Real avec une qualité de football indéniable je suis le premier à applaudir des deux mains. C’est ce qui m’a poussé par exemple hier, quand j’ai vu la prestation de Messi, à envoyer sur les réseaux sociaux des louanges concernant la qualité de ce joueur d’une autre planète. Donc j’ai pas ce coté fanatique, je peux avoir ce coté supporter mais pas de là à être plus pour Madrid que pour le Barça dans ce type de match.

HdM: Est-ce que tes fonctions de journaliste sportif et animateur télé ne jouent pas un peu sur ça aussi, ne te poussent pas à montrer davantage d’objectivité dans tes propos ?

A.R: Peut-être oui, car je garde bien évidemment une certaine neutralité dans mes commentaires, mais peut-être que je serai plus partisan du Real pour cette fois afin que le suspense reste entier jusqu’à la fin et que le Real repasse devant. Qu’il y ait un minimum de points entre ces deux formations, qu’elles se battent à la fois pour la Ligue des Champions et pour la Liga.

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HdM: Te sens-tu justement poussé par ta profession à équilibrer un peu ton discours…

A.R: (Il me coupe) C’est une obligation ! Même si on reste quand même des êtres humains, c’est ce qui fait qu’on crée une appétence chez les gens, c’est à dire que par exemple, comme je le dis souvent, quand vous regardez le journal de 20H vous êtes séduit par la ligne éditoriale de la chaine et l’incarnation de ce journal. Il se trouve que je suis cette incarnation dans ce genre de soirée, donc il est bon d’être aussi humain, d’avoir un avis, sans pour autant sortir de votre neutralité mais vous restez un être humain. Je pense que les gens aiment quand on leur parle comme on se parle dans la rue, que ce soit le plus naturel possible donc ça fait partie de ce type de langage.

HdM: Mais tu assumes tout de même une certaine préférence pour le Real, même dans le cadre de tes fonctions ?

A.R: Disons que là j’aurais une préférence pour Madrid en vue de la fin de saison et pour garder un suspense jusqu’au bout. Mais il n’y a rien d’autre que cela.

HdM: Tu as été le Monsieur Liga de Canal pendant des années, comment vois-tu le progrès de la Liga qui s’impose, classement UEFA à l’appui, comme le meilleur championnat d’Europe actuellement ?

A.R: Pour moi c’est pas forcément le meilleur championnat d’Europe, très sincèrement. Chaque championnat a sa particularité de par ses rivalités, même si aujourd’hui par exemple le championnat italien n’est plus le sommet de l’Europe qu’il était dans les années 90, les grands matchs italiens restent aujourd’hui des sommets attendus. La Juventus a d’ailleurs montré hier qu’elle était le fervent défenseur de cette idée, car c’est pas rien d’aller mettre 3-0 à Dortmund sans votre meilleur joueur qui est Pirlo. Donc je crois que chaque championnat à sa saveur. Maintenant, Madrid et Barcelone offrent des matchs avec les stars les plus connues mondialement sur une même aire de jeu, donc c’est un spectacle incroyable. Tu seras d’accord avec moi que la Premier League offre également un spectacle éblouissant. Malgré cela, il n’y a plus d’équipes anglaises cette saison en quarts de finale de Ligue des Champions donc ça prouve qu’au delà des idées reçues, chaque saison réserve son petit pesant de cacahuètes. (il l’a sortie…)  Il y a toujours des petites surprises. Qu’il n’y ait pas d’équipe anglaise en quarts alors que c’est le championnat vendu le plus cher au monde, c’est un signe fort quand même ! Mais il y a une équipe italienne qui est là, alors qu’on décrie le niveau du championnat italien aujourd’hui…

HdM: Oui, mais il y a quand même une tendance au niveau de la présence des clubs espagnols dans le dernier carré de la Ligue des Champions ces dernières saisons…

A.R: Je suis d’accord, c’est la troisième année consécutive que l’on retrouve trois clubs espagnols en quarts de finale, c’est un signe fort. Le Barça en est à sa huitième qualification consécutive en quarts, c’est un record en Ligue des Champions. C’est un signe fort. Le Real est le détenteur du titre, c’est un signe fort. Avec une finale 100% espagnole, c’est un autre signe fort. Maintenant on attendra que la réglementation voulue dans certains pays soit valable dans toute l’Europe, pour que l’unité se fasse et qu’on ait un point d’équilibre cohérent…

HdM: Que réponds-tu à ceux qui pointent du doigt le manque de compétitivité de la Liga ?

A.R: Je vais répondre tout simplement que ce championnat est l’un des derniers en Europe où il reste encore du suspense, donc on ne peut pas me dire que ce n’est pas plaisant de voir des championnats où le feuilleton existe jusqu’au bout. C’est le cas en France également, avec des équipes qui ont d’autres arguments sportifs qui se battent pour le titre, ce qui est un feuilleton intéressant aussi. Le championnat espagnol propose, lui, quasiment dès la première journée, une lutte entre ces deux équipes, le Real et le Barça, mais c’est une lutte acharnée jusqu’au bout ! C’est rare de voir en Espagne un championnat bouclé à x journées de la fin, on est d’accord… Et puis, tous les deux, trois ou quatre ans, il y a une, deux, voire trois autres équipes qui viennent jouer les trouble-fêtes. C’est le cas de l’Atlético Madrid qui est là depuis un petit moment maintenant. Valence, aussi, qui vient de prendre une place dans le podium. Séville à un moment. Voilà, chaque année à son trublion. Mais moi, à ces détracteurs je leurs réponds que, d’après moi, ils seront devant leur télé dimanche ! Car c’est le plus grand spectacle de foot de la planète, le match le plus suivi sur la planète. Et surtout, le suspense reste entier, rien n’est joué, et c’est plutôt agréable quand même non ? Je trouve que c’est plutôt agréable.

FOOTBALL : Plateau le Club - BeIn sport - 01/09/2013HdM: Qu’est-ce qui fait selon toi la beauté du championnat espagnol et son attractivité ? Est-ce qu’il y a un élément qui, à ton sens, devrait inspirer la Ligue 1 ?

A.R: Non, ça je n’irais jamais là-dessus, je pense que chaque championnat a sa saveur et, à moins que l’on décide un jour de créer une Ligue Européenne ou une Ligue des Champions qui s’étendrait sur toute l’année, je ne vois pas l’intérêt de comparer les championnats. Chaque fois que les différents championnats se retrouvent sur la scène européenne, comme par hasard, il y a toujours des surprises. Cette année: zéro anglais, un italien… deux français ! Deux clubs français en quarts, c’est quand même pas rien ! Donc chaque championnat a ses qualités, ses défauts. Le championnat espagnol est fait de cette saveur de lutte entre les deux grands, et il faut que cette saveur reste intacte, car elle est appréciable de tous. Il faut absolument conserver et louer cette saveur là. Mais ce qui fait vraiment la particularité de ce championnat, c’est que quand tu ouvres les quotidiens sportifs espagnols, il y a 10-15 pages exclusivement consacrée à ces deux clubs ! Là est la particularité ! Et il faut conserver cette différence là, la cultiver. Pour moi c’est quelque chose de positif.

HdM: Du coup, en terme de jeu, tu dois avoir une préférence non ?

A.R: Ben c’est une question de culture. Ayant ma double nationalité franco-espagnole, il est logique que j’aie cette attirance pour le football espagnol…

HdM: … mais dans la façon de jouer, le football espagnol étant un football très technique avec beaucoup de petits joueurs…

A.R: Non, non, maintenant, depuis la loi Bosman et le milieu des années 90 le football s’est ouvert et se consomme différemment. Donc aujourd’hui, le fait que les joueurs aillent jouer à droite, à gauche, cela donne une certaine uniformité du jeu. Certes il y a des particularités: le football anglais, le football allemand, etc… Mais quand à la qualité du jeu, je met tous les football à l’unisson. Certains iront encore dire que le football italien c’est le Catenaccio. Mais regarde Di Matteo: il entraîne à Schalke et il y importe son Catenaccio… Il y a parfois une équipe espagnole qui va jouer à l’italienne. Donc pour moi tout cela va se gommer et cela se gomme de plus en plus, jusqu’à arriver, peut-être, à un championnat européen sur le modèle de la NBA, pourquoi pas. Je pense que l’on tend vers cela.

HdM: Tu as donc un lien très fort avec l’Espagne, pays duquel tu as été déraciné durant la période franquiste, n’as-tu jamais pensé à faire carrière là-bas, au sein d’un championnat qui t’attire tant ?

A.R: Si, j’en ai eu l’opportunité lorsque j’étais encore sous le drapeau Canal+, j’avais alors eu une proposition de confrères espagnols pour animer une émission traitant du football européen car ils cherchaient un confrère avec cette double langue et un léger accent et une culture différente pour animer une émission de foot étranger…

HdM: … peut-on connaitre l’identité de ces confrères espagnols ? 

A.R: Non, non… mais c’est vrai que ça m’a porté à réflexion. Aujourd’hui j’ai l’opportunité de travailler au sein d’un groupe à portée mondiale, avec des antennes à Doha, à Miami, à Jakarta, à Paris donc ça me permet aussi d’avoir des exercices ailleurs, comme quand on a fait notre coupe du monde à Doha (de handball, ndlr). Ce sont des exercices intéressants, qui nous dit qu’on aura pas l’occasion un jour d’aller développer des émissions sur la base américaine pour tout le continent sud-américain avec cette langue espagnole… Et puis notre développement est mondial donc ca peut ouvrir à ce type de schéma.

HdM: Pour finir, puisque tu sais que l’activité principale de HdM est la notation des joueurs, je te demanderais donc non seulement un pronostic pour le Clasico de dimanche, mais également un joueur, des deux cotés, qui peut être l’Homme de ce match, le joueur qui fera la différence.

A.R: Pour le piquant de ce championnat je te dirais… (longue hésitation) … je vais te dire 2-2. Et pour l’Homme du Match coté madrilène je dirais Benzema. Karim il aime ces clasico, je pense qu’il marquera. Donc je te dirais Benzema. De l’autre coté si on dit pas Messi, je sais pas comment faire… car vraiment là c’est au dessus du lot.

HdM: Parfait. Il ne me reste plus qu’à te remercier d’avoir accordé un peu de ton temps à HdM.

A.R: C’est moi. Sincèrement, c’est moi. Et du coup je te dis donc à dimanche pour le Clasico !

 

Entrevue recueillie par Lahcen SENHAJI (avec la participation de Ouari GOLI) 

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