* Liga (ESP) *

Liga – 25ème j. | Les notes de Betis – Majorque (3-3)

Homme du match : Take Kubo (8/10) : La pépite Japonaise de 18 ans a fait merveille ce soir. Le joueur prêté par le Real Madrid a d’abord effectué une superbe remontée de balle pour Hernandez maladroit (6ème) avant de voir sa frappe du gauche contrée par Carvalho revenir dans les pieds de ce même Hernandez pour l’ouverture du score (17ème). Le festival s’est poursuivi à la 27ème avec un centre en retrait du gauche qui s’est transformée en passe décisive pour Budimir. Celui qu’on surnomme un peu hâtivement le Messi Japonais a achevé son récital en offrant le nul à son équipe d’une frappe croisée du droit qui passait derrière la ligne avec l’aide de la main trop peu ferme de Robles (70ème). A cela, il faut ajouter un travail défensif de longue haleine, notamment en fin de rencontre.

 

Bétis Seville (4-2-3-1)

 

Joel Robles (3,5/10) : Certes, il y a cette belle horizontale sur une tentative de Rodriguez pour redresser un peu le niveau de sa performance (73ème) et il faut avouer que ses relances ont été impeccables tout au long du match. Mais sa faute de main de la 70ème offre à Majorque une égalisation dont les Beticos se seraient bien passé. Il ne peut en revanche rien faire devant Hernandez et Budimir.

 

Alex Moreno (5,5/10) : S’il a tardé à rentrer dans la partie, l’ancien du Rayo Vallecano s’est bien rattrapé en se montrant omniprésent par la suite. Il a largement pris le dessus face à son vis-à-vis du soir Pozo en attaque comme en défense. Il est cependant dommage que la supériorité numérique qu’il a amené par ses incessantes projections ne se soit pas traduite par des buts. Trop imprécis dans ses centres, il a buté sur Reina dans un angle fermé (37ème) et n’est pas parvenu à redresser suffisamment un centre de Moron, alors qu’il avait le 4-3 au bout du pied (76ème). Seul moment vraiment négatif pour lui, cette glissade incompréhensible alors qu’il est seul en position de centre dans le temps additionnel.

 

Marc Bartra (4,5/10) : Trop souvent bougé par Budimir dans les duels, il a compensé par sa science du placement et sa couverture de terrain. A cela il faut ajouter ses toujours pertinentes relances. Mais sa sortie kamikaze sur Kubo alors qu’il fallait fermer boutique achève d’entériner sa prestation assez décevante.

 

Aïssa Mandi (3/10) : L’ancien Rémois est tout bonnement passé à côté de son match. Absent dans les duels, peu rassurant face au pressing d’ Hernandez et Budimir, il a peiné à contenir les vagues venues des Baléares qui affluaient sur le but Andalou en contre-attaque. C’est lui qui perd le ballon qui amène au but de Kubo. Une soirée à oublier.

 

Emerson (6/10) : Très bonne copie rendue par le Brésilien, qui a fait preuve d’un gros volume dans son couloir droit. Il s’est sans cesse proposé en dédoublement et n’a que très rarement semblé en difficulté en défense. Si son apport à l’attaque du Bétis ne s’est pas concrétisé sur un plan comptable, son centre en retrait de la 24ème méritait mieux que la reprise totalement manquée d’un Fekir surpris d’une telle offrande. On regrettera cependant que ces nombreux dribbles et débordements n’aient abouti qu’à très peu de centres de qualité.

 

William Carvalho (6,5/10) : Pendant 70 bonnes minutes, il a mis sa justesse technique et sa rudesse physique au service de la formation Andalouse. Très efficace à la récupération, il n’a pas hésité à tenter sa chance de loin comme à la 25ème, forçant ainsi le bloc Majorquin à sortir plus souvent. Ses remontées de balles ont soulagé son équipe. Malheureux sur le premier but de Majorque, où son contre bien senti s’est transformé en passe décisive.  Remplacé à la 74ème par Alena. Le joueur prêté Barça aurait pu faire du bien, mais n’a eu que trop peu de ballons pour se mettre en évidence.

 

Andrés Guardado (6/10) : Le Mexicain a eu un abattage plus qu’appréciable et a donné de sa personne pour tenir le milieu de terrain. Il a eu quelques occasions de faire admirer sa technique, mettant notamment Pozo dans le vent en première période. Un centre trop fuyant qui cherchait Canales en seconde. Sorti à la 87ème pour le jeune Raul Garcia.

 

Sergio Canales (7/10) : L’international Espagnol a fait admirer sa technique soyeuse et son sens du jeu. Un véritable régal. Passeur d’une lumineuse ouverture pour Joaquin à la 48ème, il aurait pu l’être pour Moron après une remontée de balle d’école si son avant-centre n’avait pas trouvé le montant. Récompensé justement par un but sur penalty (19ème). Une performance qui donne envie de le voir plus souvent. Seul fausse note au milieu de cette symphonie : Son un contre un manqué face à Reina qui aurait pu mettre les Sévillans définitivement à l’abri (61ème).

 

Joaquin (7,5/10) : Même à 38 ans, l’Andalou de naissance demeure inoxydable. Buteur d’un bel enchaînement pour enrhumer ce pauvre Pozo et conclure d’une frappe dans le petit filet opposé, il a parfaitement associé justesse technique et état d’esprit irréprochable pour se distinguer aujourd’hui. Et que dire de sa merveille de talonnade pour lancer Canales à la 26ème ? Il aurait même pu être passeur si ce même Canales s’était montré plus tueur seul face à  Reina (61ème). Ovationné pour sa sortie, il a cédé sa place à Tello, qui s’est signalé par une double accélération dévastatrice mais qui a été par la suite bien bloqué.

 

Nabil Fekir (6,5/10) : Impression contrastée pour le Français ce soir. Sa performance est plus que satisfaisante, avec notamment deux penaltys provoqués sur des accélérations qui ont donné le tournis aux défenseurs adverses et ce but, sur penalty justement, inscrit avec réussite. Mais on a parfois l’impression qu’il manque de clairvoyance pour devenir le vrai leader de son équipe. En témoignent cette frappe angle fermée alors qu’il a deux partenaires au centre à la 67ème, cette tentative plus que lointaine à la 80ème ou encore ce loupé alors qu’il est seul aux six mètres à la 24ème. On est sévère, mais l’ancien Lyonnais peut encore mieux faire.

 

Loren Moron (4,5/10) : La réussite ne se joue parfois à pas grand chose. S’il n’avait pas trouvé le montant à la 26ème et/ou été en position de hors-jeu à la 65ème, il aurait pu devenir le héros du match. C’est dommage pour ce joueur qui n’a au demeurant pas été mauvais dans l’engagement. Son centre de la 76ème, bien qu’un peu trop puissant, aurait pu se transformer en passe décisive avec un peu plus d’adresse de Moreno.

 

RCD Majorque (4-1-4-1)

 

Manolo Reina (5,5/10) : D’accord, il en prend trois. Mais on ne peut pas lui reprocher d’encaisser deux penaltys, même si on a l’impression qu’il aurait pu repousser celui de Fekir. Il s’est bien rattrapé avec une parade angle fermé devant Moreno et un face à face bien géré pour écœurer Canales. Il s’était auparavant montré vigilant sur une frappe de loin de Canales et très rassurant sur les ballons aériens.

 

Leonardo Koutris (non noté) : Auteur de la faute (évitable) qui amène le premier penalty et trop souvent pris en défaut par Emerson et Fekir, le Grec est sorti à la 31ème sans avoir l’air de souffrir d’aucune blessure. Son suppléant Gamez (3/10) a lui aussi coûté un penalty et a commis trop de faute malgré quelques prises de balles intéressantes.

 

Antonio Raillo (5/10) : Remarquable dans la relance, c’est lui qui effectue ce dégagement millimétré pour Hernandez sur le but de Budimir. En plus d’amener cette réalisation, il s’est montré assez solide pour contenir les offensives du Bétis en fin de match.

 

Martin Valjent (4/10) : Moins en vue que son compère de la défense centrale ainsi moins efficace dans les duels, il s’est montré précieux en marquant bien Moron sur un centre fuyant de Tello (85ème). Mais ce n’était décidément pas un match de défenseurs aujourd’hui.

 

Alejandro Pozo (3/10) : Le symbole des difficultés Majorquines à défendre sur les côtés. Mis dans le vent par Guardado en première mi-temps, enrhumé par Joaquin sur le troisième but du Bétis et enfumé par une double accélération de Tello en fin de rencontre, il a tenu la baraque comme il a pu, ayant (on le suppose) peu la possibilité de se projeter. Remplacé par Sedlar à la 82ème. L’objectif de ce dernier était simple : bloquer le couloir de Tello qui commençait à se faire pressant depuis son entrée. Mission accomplie.

 

Iddrissu Baba (5,5/10) : Précieux au poste de sentinelle avec 10 récupérations, il a abattu un sacré travail de l’ombre pour endiguer les offensives des verdiblancos. Le Ghanéen aurait même pu obtenir un penalty. Mais l’arbitre, après deux minutes de délibération et une vérification à la vidéo, a décidé (à juste titre) qu’ Emerson avait pris le ballon (49ème). Sorti à la 68ème au profit de Lago Junior, Ironie du s(p)ort, ce changement supposé offensif a surtout apporté un bénéfice défensif, puisque l’Ivoirien a contribué avec brio à tenir le couloir gauche Majorquin, qui était en perdition. En témoigne son intervention autoritaire de la tête devant Emerson (85ème).

 

Salva Sevilla (5/10) : Sobre, le milieu de 35 ans en a paru 10 de moins et a fait son match sans pour autant déborder de ses fonctions. Un bon soldat qui n’a pas hésité à remonter son bloc quand le besoin se faisait sentir et qui a tenté d’apporter le danger par de longs ballons.

 

Dani Rodriguez (6/10) : Il a fait parler son moteur en enchaînant les courses d’une surface à une autre. Dérangeant pour les premiers relanceurs du Bétis, l’Espagnol  n’a jamais paru baissé d’intensité et fut à la pointe du combat ce soir. Il aurait même pu être buteur d’une frappe enroulée du droit sans la bonne horizontale de Robles (73ème).

 

Take Kubo : voir ci-dessus

 

Cucho Hernandez (7/10) : Le Colombien a dépensé ses efforts sans les compter. Buteur s’une splendide reprise de volée (17ème), il est aussi décisif sur le but de Budimir, puisque c’est lui qui décale subtilement Kubo d’une merveille de talonnade. Pour lui rendre tout à fait justice, Cucho contribue fortement au troisième but de son équipe en venant presser Mandi avant l’arrivée sur place de Budimir. Avec tous ces efforts, on comprendra son déchet en fin de match. Il s’endormira ce soir du sommeil des braves.

 

Ante Budimir (7/10) : Le dernier membre d’un trio offensif hétéroclite et qui, le temps d’un soir, fut magique et sauva le point du nul pour Majorque. Il a systématiquement pris le dessus sur Bartra et Mandi au duel aérien, offrant d’intéressant seconds ballons à négocier pour les siens. Auteur du deuxième but, d’une frappe en pivot de pur n°9, l’international Croate a fait douter la défense du Bétis de par son incessant travail de pressing. On retrouve toute cette rage sur le but de Kubo, sur lequel il est passeur après avoir récupéré le ballon dans les pieds de Mandi.

 

Jules Lavaud

 

 

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