Finale | Les notes de Juventus Turin-Real Madrid (1-4)

Homme du match : Ronaldo (8) : La faculté des grands joueurs, c’est de savoir se renouveler tout en restant aussi décisif lors des plus grands matchs. Se réinventer, Cristiano Ronaldo a su le faire. Oublier les déboulés et les frappes surpuissantes des trente mètres, oublier les chevauchées fantastiques, le Portugais a justement su se faire oublier. Déjà les premiers détracteurs étaient aux avant-postes pour dénigrer son absence. C’était sans compter sur le quadruple Ballon d’Or qui, sur deux offensives, est sorti de sa réserve pour se muer en véritable 9, en tueur des surfaces. Les qualificatifs manquent sur cette phase finale pour décrire ce savant mélange entre ruse, force de caractère et sang-froid devant le but.

Juventus Turin 

Buffon (4) : Comme Pirlo en 2015, la Ligue des Champions échappe à un nouveau grand nom du football italien. Battu à deux reprises sur des frappes déviées, il doit s’avouer vaincu face à une équipe bien mieux organisée. 2018 sera donc son ultime chance d’inscrire la coupe aux grandes oreilles à son palmarès.

Barzagli (4) : Plutôt tranquille en première période, il a été la cible principale des offensives adverses dès l’entame de la seconde via des ballons en profondeur par dessus l’arrière italien. Il a vite montré ses limites en termes de vitesse et de fraîcheur. Sa bonne gestion de l’aile gauche avec Alves s’est rompue également en seconde période. Il est suppléé par Cuadrado (66′), lui-même piégé par Ramos et expulsé bêtement en fin de rencontre.

Bonucci (5) : Si ses passes longues ont régulièrement trouvé preneur et s’il n’a pas été autant sollicité que ses partenaires, il n’est pas exempt de tout reproche. Il dévie légèrement la frappe de Ronaldo qui trompe Buffon. Il est aussi trop court sur la reprise du Portugais.

Chiellini (5) : Il a longtemps pu couper les trajectoires des assauts madrilènes. Il oublie complètement Ronaldo sur l’ouverture du score avant d’être de nouveau surpris par la malice de l’attaquant portugais en seconde période. Ces moments d’absence auront suffi pour faire céder la meilleure défense de la compétition.

Khedira (5) : Agressif comme il peut l’être, il a su résister à la supériorité physique et technique du milieu adverse, du moins en première période. Cela s’est avéré plus compliqué au fil des minutes et ses relances ont tout de suite perdu en précision et en clairvoyance.

Pjanic (5.5) : Il a donné le tempo d’une première période dans laquelle il a mis en exergue sa technique et sa qualité de passe. Bien plus en difficultés en seconde période en dépit de quelques bons retours, il aura été bien plus discret. Il est seconcé par Marchisio (71′).

Alves (4) : Il a longtemps été le symbole de l’efficacité tactique de la Juve. Il s’est occupé personnellement de Marcelo, empêchant ce dernier de déborder comme à l’accoutumée. Il a ensuite laissé au madrilène une plus grande liberté, rendant Barzagli bien plus vulnérable.

Sandro (5) : Il a affiché une activité remarquable ponctuée par un bon centre à l’origine du but de Mandzukic. Il a connu ensuite, comme ses partenaires, un passage à vide illustré par l’action du troisième but des Merengues.

Dybala (3) : Soi-disant héritier de Lionel Messi en sélection, l’attaquant de poche s’est montré bien en jambes en début de partie avant de s’éclipser petit à petit. Incapable d’apporter des solutions ou de conserver le cuir lorsque son équipe a commencé à subir dans le second acte, l’Argentin a affiché ses limite au pied du Graal. Lemina (78′) le remplace.

Mandzukic (6) : Incontestablement, il a été l’homme de cette première période. Son exemplarité défensive et, surtout, son chef d’oeuvre de retourné qui a légèrement lobé Navas en ont fait le virtuel héros de cette partie. Il n’a plus eu l’occasion de se mettre en avant par la suite et peut se voir reprocher son attentisme, à l’origine du troisième but madrilène.

Higuain (4) : Une bonne remise sur l’égalisation de Mandzukic, une frappe sèche en tout début de partie et c’est à peu près tout. Il a parfaitement été muselé par la charnière adverse, et en particulier Ramos. Pipita n’a pas fait d’étincelle ce soir.

Real Madrid 

Navas (5) : Mis à part cette inspiration géniale de la part de Mandzukic, le portier costaricien n’aura pas eu énormément l’occasion de mettre le bleu de chauffe ce soir.

Carvajal (6) : Il a eu du pain sur la planche en devant mater les velléités de Mandzukic et Sandro. Peut-être pas aussi souverain dans son couloir qu’en quart ou en demie, il adresse encore une fois sur un contre excellemment mené un centre parfait pour Ronaldo. A l’heure des comparaisons, il s’affirme sur l’ensemble de cette campagne européenne comme le meilleur latéral d’Europe, voire du monde.

Varane (7) : Vigilant et rassurant à la fois, le tricolore a su à la fois faire preuve d’une bonne lecture du jeu et relancer intelligemment le jeu sans aucune prise de risque excessive. Sans s’affoler, il s’est offert un petit rush en seconde période pour sa troisième Ligue des Champions remportée en quatre ans.

Ramos (7) : Personne ne lui a contesté la gestion du cas Higuain. Sergio s’est occupé personnellement de l’attaquant argentin qu’il a maîtrisé à la perfection sur le plan physique. Dans la tête de son vis-à-vis, il a vite marqué les esprits et cela s’est ressenti durant toute la partie.

Marcelo (5) : Il a dû prendre son mal en patience devant le pressing tout terrain de Alves. Il a peu à peu pu profiter des moments de sursis pour s’engouffrer dans les quelques brèches qui sont devenues des boulevards, à l’instar de ce centre millimétré sur le quatrième et dernier but signé Asensio.

Casemiro (6) : Si tout n’a pas été parfait, notamment sur le plan technique avec plusieurs ouvertures complètement manquées, le milieu brésilien a répondu présent dans l’impact physique et dans l’intensité. Il redonne l’avantage au sien d’une frappe déviée pleine d’audace. Installé par Zidane après son intronisation, il confirme encore une fois lors d’un grand rendez-vous.

Kroos (6) : Impeccable dans ses passes de transition entre la défense et l’attaque, il a su se montrer précis dans les petits espaces et brillant dans ses remontées de balle par moment, à l’image de l’offensive menée sur l’action du tout premier but. Il est remplacé par Morata (89′).

Modric (7) : Il caresse les ballons dans le sens du poil. Sans Ronaldo dans son équipe, il serait sans aucun doute adulé par toute une ville tant sa vivacité, sa lecture du jeu délicieuse et ses passes délicates sont un régal pour les yeux. Sa passe décisive permet de clore définitivement le sort de la rencontre. Merci pour ce moment.

Isco (7) : Précieux dans la construction des diverses offensives des Merengues, il a dicté le tempo de cette partie devant un milieu divin. Que ce soit dans la conservation de balle ou sur ses perforations au sein d’une défense fragilisée, le milieu espagnol a posé de nombreux problèmes grâce à ses déplacements incessants. Il cède sa place à Asensio (82′) qui n’aura eu besoin que de huit petites minutes pour sceller le sort de cette finale quasi parfaite des siens.

Ronaldo (8) : Voir ci-dessus.

Benzema (6) : Dans la lignée de l’ensemble de ses matchs en phase finale, il s’est mis au service du collectif. Que ce soit sur ses déplacements, sa bonne conservation de balle et sa faculté à jouer juste, il a contribué assez discrètement au succès final du Real. Il sort au profit du régional de l’étape, Bale (77′).